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La taxation des joueurs sur la table finale WSOP


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taxation pokerSi le tournoi principal WSOP a cette année encore fait neuf nouveaux millionnaires, de tels gains ne passent jamais inaperçus sous l’œil omniprésent du fisc. Chaque année, le réputé fiscaliste américain Russ Fox dresse un portrait complet des gains nets réels effectués par les gagnants, en plus du montant retournant au Trésor américain. Cette année encore, il ne fait aucun doute que c’est l’IRS qui a remporté le gros lot... Comme toujours!

 

Évidemment, nous ne connaissons pas les ententes exactes de partage entre les joueurs. Rares sont les participants qui ont 100% de leur propre action et, comme l’oblige tout gouvernement, c’est le récipiendaire réel du revenu qui est responsable de sa taxation conséquente. Pour avoir une idée des taxes en cas de swapping/staking dans un tournoi de poker, référez-vous à ce texte.

 

Comme ces ententes nous sont inconnues toutefois, supposons que chaque joueur disposait de la totalité de son action.

 

Champion : Scott Blumstein – USA – 8 150 000 $

Scott Blumstein se considère professionnel de poker et doit donc payer ses impôts comme le ferait tout travailleur autonome. Il pourra du coup soustraire ses dépenses relatives à son métier comme son voyagement et son hébergement, en plus d’opposer ses pertes de jeu éligibles pour 2017 à ses gains. Ultimement toutefois, il paiera un grand total de 47.11% au gouvernement fédéral et à l’État du New Jersey. Avant déductions, on parle d’une taxe de 3 839 429 $.

 

2: Dan Ott – USA – 4 700 000 $

Dan Ott fait face à une situation bien similaire à celle du champion. Or, comme il réside en Pennsylvanie, son impôt étatique est plus bas; fixé à 3.07%. S’ajoute un impôt étatique secondaire appelé Earned Income Tax de 1.60 %. Globalement, il remet donc 44.68% au fisc, soit 2 099 806 $.

 

3: Benjamin Pollak Angleterre/France – 3 500 000 $

Benjamin Pollak est Français d’origine, mais, considérant son métier de joueur professionnel, ce dernier réside désormais en Angleterre. Pourquoi? Simplement parce que les gains de poker ne sont pas du tout imposés pour les Anglais, ni aux États-Unis, ni en terre de résidence. Il conserve 3 500 000 $ dans ses poches et ne remet pas un sou aux différents gouvernements.

 

4: John Hesp – Angleterre – 2 600 000 $

Le joueur amateur de 63 ans n’a pas seulement vécu l’aventure de sa vie ces dernières semaines, mais il l’aura ultimement fait sans perdre un seul sou face au fisc! L’Angleterre dispose d’un traité avec les États-Unis soustrayant les citoyens de la taxation. Hesp ne paiera par la suite aucun impôt dans son pays de résidence, l’Angleterre considérant tout gain de poker comme dépendant essentiellement de la chance.

 

5: Antoine Saout – Angleterre/France – 2 000 000 $

Antoine Saout, en tant que joueur professionnel de poker, a utilisé la même tactique de relocalisation que Benjamin Pollak. Il se sauve donc de toute taxation et empoche 2M$.

 

À noter que si les deux hommes résidaient toujours en France, ils n’auraient laissé aucun impôt à l’IRS, la France disposant d’un traité avec les États-Unis empêchant l’imposition des joueurs. Le fisc français les aurait toutefois attendus de pied ferme, imposant chacun des lots à hauteur de 48%!

 

6: Bryan Piccioli – USA – 1 675 000 $

Si c’est coûteux d’être un joueur de poker professionnel aux États-Unis, ce l’est doublement quand on réside en Californie de surcroît! Piccioli a le taux d’imposition le plus haut de cette table finale, devant payer 489 328 $ à Washington et 201 695 $ à l’État. Sa taxe totale de 791 023 $ représente 47.23%. Il décroche du coup moins d’un million de dollars net. Malgré sa 6e place, il n’empoche que le 8e plus large lot net.

 

7: Damian Salas – Argentine – 1 425 000 $

L’Argentine est l’un des rares pays ne disposant pas de traité fiscal avec les États-Unis. Du coup, même si les gains de jeu ne sont pas imposables dans son pays de résidence, ce dernier aura repris l’avion seulement après avoir laissé 30% de son gain dans les mains de l’IRS. Il laisse 427 500 $ derrière sans aucune possibilité de récupérer cet argent, empochant une somme nette de moins d’un million de dollars.

 

8e : Jack Sinclair – Angleterre – 1 200 000 $

Sinclair jouit du même bénéfice que Pollak, Hesp et Saout. En tant que résident du Royaume-Uni, il conserve la totalité de ses 1 200 000 $ gagnés. Malgré sa 8e place, il a ultimement remporté la 6e plus large somme nette.

 

9: Ben Lamb – USA – 1 000 000 $

En tant que joueur professionnel américain, Lamb devra payer 408 483 $ sur son million à l’IRS, soit 40.85%. Mince consolation alors que l’État du Nevada dont il est résidant n’amasse aucune taxe sur les revenus de ses citoyens.

 

Ultimement, 6 390 860 $ prennent la direction des coffres de l’IRS et 1 175 381 $ ceux des différents États américains. À noter qu’aucun autre pays n’amasse un seul dollar de taxation de cette table finale. Un fait rare! Néanmoins, le taux de taxation s’établit à 28.82 %. C’est relativement peu, alors qu’il était de 39.73% en 2016.

 

Et si un Canadien avait gagné?

Si un Canadien s’était qualifié sur la table finale, ce dernier aurait connu un sort similaire à celui de Damian Salas, payant 30% sur son gain directement à la source. Cet argent aurait été prélevé avant même qu’il ne touche le premier dollar des 70% restants.

 

Or, contrairement à l’Argentine, le Canada dispose d’un traité avec les États-Unis. Ce dernier n’exempte pas les Canadiens de cette taxation, mais mentionne que le Canadien a le droit d’être traité de la même manière qu’un Américain le serait. En clair? Une fois l’année terminée, ce dernier pourra récupérer une partie ou la totalité des impôts laissés derrière. Voici la logique derrière les remboursements de taxes de casino.

 

Et qu’en est-il de l’impôt canadien? Les gains de jeu ne sont pas imposables au pays, donc si vous êtes un joueur amateur, vous ne devrez pas un seul dollar supplémentaire. Or, si vous faites du poker votre métier, l’Agence du revenu pourrait alors tenter de vous prélever un impôt similaire à si vous étiez travailleur autonome. Il s’agit, encore à ce jour, d’une zone particulièrement grise au Québec et au Canada. La jurisprudence est du côté des joueurs pour l’instant, mais une toute nouvelle pourrait s’inscrire alors que les différents gouvernements enquêtent la nature des gains de nombreux joueurs actuellement.

 

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